Valproate chez les hommes : un risque confirmé pour la santé des enfants à naître
Une vaste étude française vient confirmer ce que les autorités de santé redoutaient depuis plusieurs années : le traitement par valproate chez les hommes avant la conception pourrait augmenter le risque de troubles neurodéveloppementaux chez leurs enfants.
Une étude d’envergure nationale
Le groupement d’intérêt scientifique Epi-Phare (ANSM-Cnam) a analysé les dossiers de 4 773 enfants nés entre 2010 et 2015, dont le père avait reçu du valproate dans les quatre mois précédant la conception — période correspondant à la spermatogenèse.
Les résultats, publiés cette semaine, confirment une augmentation de 24 % du risque de troubles neurodéveloppementaux par rapport aux enfants dont le père était traité par lamotrigine ou lévétiracétam, deux antiépileptiques de référence considérés comme plus sûrs.
Des troubles cognitifs plus fréquents
Parmi les enfants exposés, 583 présentaient au moins un trouble du développement :
- 149 souffraient d’un TDAH (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité),
- 77 d’un trouble du spectre de l’autisme,
- 42 d’un trouble du développement intellectuel,
- et plusieurs centaines d’autres de troubles de la communication ou des apprentissages.
Le risque de trouble du développement intellectuel serait multiplié par deux, soit environ 3,5 cas supplémentaires pour 1 000 naissances lorsque le père est traité par valproate au moment de la conception.
Les autres troubles présentent également une tendance à la hausse, mais les chercheurs appellent à la prudence avant toute conclusion définitive.
Un signal qui conforte les nouvelles mesures de sécurité
Ces données confirment les soupçons soulevés par une première étude publiée en 2023, mais avec une méthodologie plus solide et une cohorte plus large.
Elles viennent renforcer les mesures de précaution instaurées début 2025 en France : depuis cette date, la délivrance du valproate chez les hommes est conditionnée à la présentation d’une attestation cosignée par le patient et le médecin, valable moins d’un an.
Une vigilance désormais masculine aussi
Longtemps, les risques liés au valproate ont été documentés uniquement du côté maternel, en raison de ses effets tératogènes connus. Cette nouvelle étude élargit donc le champ des précautions à prendre avant toute conception, rappelant que la responsabilité médicamenteuse ne se limite pas aux futures mères.
Sources : Étude Epi-Phare (ANSM-Cnam), novembre 2025 – Le Quotidien du Pharmacien
