Prix des médicaments : l’industrie pharmaceutique défie les pressions de Trump aux États-Unis

New York, 31 décembre 2025 — Alors que l’administration du président Donald Trump multiplie les initiatives pour faire baisser le coût des médicaments sur ordonnance aux États-Unis, plus de 350 spécialités pharmaceutiques de marque verront leurs prix augmenter au début de 2026. Cette augmentation intervient malgré des engagements politiques et des accords publics visant à réduire la charge financière pour les patients et les systèmes d’assurance santé.

Un paradoxe entre discours politique et réalité industrielle

Selon une analyse des données recueillies par la société de recherche 3 Axis Advisors, les industriels pharmaceutiques ont planifié des hausses de prix avec une médiane d’environ +4 %, une tendance stable par rapport à 2025. Ces augmentations toucheront une large gamme de médicaments, allant des vaccins contre la COVID-19, le virus respiratoire syncytial (RSV) et le zona, jusqu’à des traitements anticancéreux comme Ibrance.

Ce mouvement s’inscrit dans un contexte où les autorités fédérales américaines — incluant la Maison-Blanche et le Département de la Santé — multiplient les pressions sur les laboratoires pour réduire le coût des médicaments pour les patients, notamment en exigeant des tarifs alignés sur ceux pratiqués dans d’autres pays développés ou en négociant des réductions via des programmes publics comme Medicare et Medicaid.

Des hausses malgré des accords ponctuels

Certains accords ont pourtant été signés entre l’administration Trump et des groupes pharmaceutiques : à l’été 2025, plusieurs grands laboratoires avaient accepté de revoir certains prix à la baisse, ou de proposer des médicaments à prix réduits pour les bénéficiaires de Medicaid ou les patients sans assurance via des plateformes directes au consommateur.

Malgré ces engagements, les hausses prévues s’étendent bien au-delà des réductions concédées, soulignant la complexité du système de tarification des médicaments aux États-Unis. L’écart entre le prix « listé » par le fabricant (liste officielle) et le prix réellement payé après remises, remboursés et négociations rend en effet difficile l’évaluation exacte de l’impact sur le consommateur final.

Qui augmente les prix ?

Les données montrent que plusieurs acteurs majeurs du secteur planifient des hausses de prix pour un grand nombre de leurs produits :

  • Pfizer, par exemple, envisagerait une augmentation des prix pour près de 80 médicaments, y compris des traitements comme Paxlovid (antiviral contre la COVID-19), Ibrance (cancer) et Nurtec (migraine). Certaines hausses pourraient aller jusqu’à +15 % pour le vaccin Comirnaty contre la COVID-19.
  • GSK prévoit d’augmenter les prix d’une vingtaine de médicaments et vaccins de 2 % à près de 9 %.
  • D’autres grands laboratoires comme Sanofi, Novartis ou Boehringer Ingelheim figurent également parmi ceux qui ajustent à la hausse leurs tarifs.

Quelques baisses dans un contexte global de hausse

Il est important de noter que quelques médicaments verront leur prix diminuer en 2026. Parmi eux, le traitement contre le diabète Jardiance (commercialisé par Boehringer Ingelheim et Eli Lilly) devrait connaître une réduction de plus de 40 %, notamment via des négociations renforcées dans le cadre du programme Medicare.

Quelles implications pour les patients américains ?

Aux États-Unis, les prix des médicaments sur ordonnance restent parmi les plus élevés au monde, souvent deux à trois fois supérieurs à ceux observés dans d’autres pays industrialisés. Cette dynamique a placé la question du coût des soins au cœur des débats politiques et sociaux depuis plusieurs années.

Les hausses prévues pour 2026, même si elles sont modérées en pourcentage, risquent d’alourdir la charge financière pour des millions de patients, en particulier ceux non couverts par une assurance santé ou payant de leur poche. Elles soulignent aussi les limites des pressions politiques lorsque les structures de marché et les mécanismes de tarification restent inchangés.