Cancer du pancréas : une thérapie expérimentale élimine totalement la tumeur chez la souris
C’est une avancée scientifique majeure dans la lutte contre l’un des cancers les plus redoutables. Des chercheurs espagnols sont parvenus, pour la première fois, à éliminer complètement l’adénocarcinome canalaire du pancréas chez la souris, grâce à une thérapie combinant trois médicaments agissant de manière simultanée sur des mécanismes clés de la maladie. Cette annonce a été faite par le Centre national espagnol de recherches oncologiques (CNIO).
L’adénocarcinome canalaire du pancréas représente environ 90 % des cancers du pancréas. Il est particulièrement redouté en raison de son diagnostic tardif, de sa résistance aux traitements et de son pronostic très défavorable, avec un taux de survie à cinq ans inférieur à 10 %.
Les traitements actuels reposent essentiellement sur la chirurgie lorsqu’elle est possible, la chimiothérapie et, plus rarement, la radiothérapie. Malgré les progrès récents, les options thérapeutiques restent limitées, d’où l’importance de cette découverte.
L’originalité de cette avancée repose sur une approche combinée à trois médicaments, chacun ciblant un aspect fondamental de la biologie de la tumeur. Selon le CNIO, cette stratégie permet d’agir simultanément sur :
- la prolifération incontrôlée des cellules cancéreuses,
- le microenvironnement tumoral, qui protège habituellement la tumeur,
- et les mécanismes de résistance aux traitements.
Pris isolément, ces médicaments n’étaient pas suffisants pour éradiquer la tumeur. Mais leur action conjointe a permis, chez le modèle murin, une disparition complète de la maladie, sans rechute observée durant la période de suivi.
Jusqu’à présent, les traitements expérimentaux testés chez l’animal permettaient tout au plus de ralentir la progression du cancer ou de réduire la taille des tumeurs. L’élimination totale de l’adénocarcinome canalaire du pancréas constitue donc un résultat inédit, soulignent les chercheurs.
Cette réussite s’expliquerait par le fait que la thérapie cible non seulement les cellules tumorales elles-mêmes, mais aussi leur environnement, souvent responsable de l’échec des traitements classiques.
Si ces résultats suscitent un réel espoir, les chercheurs appellent néanmoins à la prudence. Les données obtenues concernent uniquement des modèles animaux, et de nombreuses étapes restent à franchir avant une éventuelle application clinique.
Des essais supplémentaires seront nécessaires pour évaluer :
- la sécurité de la combinaison thérapeutique,
- son efficacité sur des modèles plus proches de la physiologie humaine,
- et, à terme, son potentiel chez les patients.
Cette découverte ouvre néanmoins des perspectives prometteuses dans un domaine où les avancées sont rares. Elle confirme l’intérêt des thérapies combinées, capables de contourner les mécanismes de résistance propres aux cancers les plus agressifs.
Pour le cancer du pancréas, longtemps considéré comme une impasse thérapeutique, cette étude marque une étape encourageante et relance l’espoir de stratégies plus efficaces à l’avenir.
