Arthrose du genou : un vaccin anti-IL-6 ouvre une nouvelle piste thérapeutique

Une approche vaccinale innovante pourrait changer la prise en charge de certaines formes d’arthrose du genou. Une étude de phase 1 publiée dans Nature Communications rapporte des résultats encourageants avec PPV-06, une immunothérapie active ciblant l’interleukine-6 (IL-6), cytokine impliquée dans l’inflammation de bas grade.

Une réponse immunitaire obtenue chez tous les patients

L’essai, mené par l’équipe du Pr François Rannou (hôpital Cochin, AP-HP), a inclus 24 patients souffrant de gonarthrose inflammatoire. Trois injections du vaccin ont été administrées sur quatre mois.

Résultat :

  • Bonne tolérance, sans événement indésirable grave.
  • Production d’anticorps anti-IL-6 chez 100 % des patients traités.
  • Une tendance à l’amélioration des scores fonctionnels (KOOS) à 42 semaines, notamment sur la douleur et la qualité de vie, surtout chez les patients ayant la meilleure capacité de neutralisation de l’IL-6.

Même si cette phase 1 visait avant tout à évaluer la sécurité, ces signaux cliniques sont jugés encourageants.

Réguler plutôt que bloquer l’inflammation

Contrairement aux anticorps monoclonaux administrés par voie intraveineuse, cette stratégie vaccinale vise à moduler durablement le taux d’IL-6, et non à le bloquer totalement. Une approche adaptée aux maladies à inflammation chronique modérée, comme certaines formes d’arthrose.

Les anticorps anti-IL-6 ou les anti-NGF, testés ces dernières années, ont suscité de grands espoirs mais aussi des déceptions, notamment après l’arrêt de certains programmes en 2021 en raison d’effets indésirables articulaires.

Une phase 2 lancée en 2026

Un essai multicentrique de phase 2 doit débuter en 2026 dans sept pays européens, incluant plus de 200 patients. L’objectif sera cette fois d’évaluer l’efficacité clinique et l’impact structural sur le cartilage.

Développé par le laboratoire français Peptinov, PPV-06 est également étudié dans d’autres pathologies inflammatoires telles que la maladie de Horton, la maladie de Behçet ou l’endométriose.

Alors qu’aucun traitement curatif durable n’existe aujourd’hui contre l’arthrose, cette immunothérapie vaccinale pourrait représenter une avancée majeure si les essais confirmatoires valident son efficacité.