Compléments alimentaires : vers un encadrement renforcé pour une utilisation plus sûre en France
Face à l’essor constant du marché des compléments alimentaires, les autorités sanitaires francaises entendent renforcer la vigilance et améliorer l’information du public. Cette ambition s’inscrit dans le cinquième Programme national nutrition santé, le Programme national nutrition santé (PNNS 5), qui fixe les priorités nutritionnelles pour la période 2026-2030. L’objectif : promouvoir une alimentation équilibrée tout en sécurisant l’usage de produits de plus en plus consommés.
Dévoilé par le Ministère de la Santé lors du One Health Summit, le PNNS 5 repose sur une approche intégrée de la nutrition et de la prévention. Il met l’accent sur plusieurs axes prioritaires, notamment l’amélioration de la santé nutritionnelle des femmes enceintes et des jeunes enfants, la promotion de l’allaitement maternel, la lutte contre la dénutrition chez les seniors et la réduction de la stigmatisation liée à l’obésité.
Au total, une vingtaine d’actions structurantes seront déployées au cours des cinq prochaines années afin d’améliorer durablement les comportements alimentaires et les indicateurs de santé.
Parmi les mesures phares figure la sécurisation de l’usage des compléments alimentaires, dont la consommation ne cesse d’augmenter. Si ces produits peuvent contribuer à corriger certaines carences, leur utilisation inappropriée peut exposer à des risques sanitaires, notamment en cas de surdosage, d’interactions médicamenteuses ou de mésusage.
Le PNNS 5 prévoit ainsi :
- un renforcement des connaissances sur les risques liés aux compléments alimentaires ;
- la valorisation du dispositif de nutrivigilance ;
- l’identification des situations à risque ;
- la sensibilisation aux interactions avec les traitements médicamenteux.
Pour accompagner cette démarche, des outils pratiques destinés aux professionnels de santé seront élaborés et diffusés. En parallèle, des campagnes d’information grand public devraient être déployées afin de promouvoir un usage raisonné et éclairé.
Vitamine B9 : un enjeu majeur pour la santé maternelle et infantile
Le programme accorde une attention particulière à l’apport en vitamine B9 (acide folique), essentiel pour prévenir les anomalies de fermeture du tube neural chez le fœtus. Il recommande la poursuite de la supplémentation dès le projet de grossesse et durant le premier trimestre.
De nouvelles recommandations nutritionnelles sont attendues pour les femmes en âge de procréer, enceintes, en post-partum ou allaitantes. Par ailleurs, des travaux sont en cours pour enrichir certains aliments en acide folique, renforçant ainsi la prévention à l’échelle populationnelle.
Promotion de l’allaitement maternel
Le PNNS 5 encourage également l’allaitement maternel, reconnu pour ses bénéfices nutritionnels et immunologiques. Les autorités souhaitent faciliter sa poursuite, notamment après la sortie de la maternité et lors de la reprise du travail. Cette orientation pourrait s’accompagner d’une modernisation du cadre réglementaire afin de mieux soutenir les mères dans leur choix.
Lutter contre la dénutrition des seniors
Autre priorité majeure : la prévention de la dénutrition chez les personnes âgées. Le programme prévoit de renforcer le dépistage précoce grâce au dispositif ICOPE, destiné aux personnes de 60 ans et plus pour évaluer leurs capacités fonctionnelles. Ce repérage pourra notamment être proposé lors des bilans de prévention en pharmacie.
De nouvelles recommandations nutritionnelles viendront compléter cette stratégie afin d’améliorer la qualité de vie et l’autonomie des seniors.
Le pharmacien, acteur clé de la prévention
Au cœur de ce dispositif, les pharmaciens sont appelés à jouer un rôle central. Leur proximité avec la population en fait des interlocuteurs privilégiés pour :
- conseiller sur l’usage approprié des compléments alimentaires ;
- prévenir les interactions médicamenteuses ;
- sensibiliser aux besoins nutritionnels spécifiques ;
- contribuer au dépistage de la dénutrition.
