Diabète de type 1 : l’Europe valide un traitement qui change la trajectoire de la maladie
C’est une petite révolution silencieuse dans le monde de la diabétologie. Pour la première fois, l’Union européenne autorise un médicament capable non pas de traiter les symptômes du diabète de type 1, mais d’en ralentir l’évolution biologique. Le feu vert a été donné le 12 janvier 2026 par la Commission européenne au teplizumab (Teizeild), développé par Sanofi.
Jusqu’ici, la prise en charge du diabète de type 1 reposait presque exclusivement sur une logique de compensation : insuline, surveillance glycémique, adaptation du mode de vie. Désormais, un nouveau paradigme émerge : agir sur le système immunitaire avant que la maladie ne s’installe pleinement.
Un médicament pour intervenir avant la maladie visible
Le Teizeild est destiné à une population très précise : les patients dits « stade 2 » du diabète de type 1. Autrement dit, des personnes encore asymptomatiques, mais chez lesquelles le processus auto-immun est déjà enclenché, identifié par la présence d’auto-anticorps spécifiques et des anomalies glycémiques.
Chez ces patients, le traitement ne guérit pas, mais retarde significativement l’entrée dans la phase clinique du diabète, celle qui impose l’insulinothérapie quotidienne. En moyenne, les données montrent un report de l’apparition des symptômes d’environ deux ans — une durée loin d’être anodine, notamment chez l’enfant et l’adolescent.
Une efficacité démontrée, une tolérance surveillée
Les résultats reposent sur une étude clinique de référence publiée dans le New England Journal of Medicine. Les patients traités par teplizumab ont présenté une progression vers le diabète clinique bien plus lente que ceux recevant un placebo. Moins de bascule vers la phase symptomatique, et un délai nettement prolongé avant le besoin d’insuline.
Sur le plan de la sécurité, les effets indésirables observés sont majoritairement transitoires et attendus pour un traitement immunomodulateur : troubles hématologiques modérés, réactions cutanées, anomalies biologiques réversibles. Rien qui, à ce stade, ne remette en cause son profil bénéfice/risque.
Un tournant stratégique pour la médecine du diabète
Au-delà du médicament lui-même, c’est toute la logique de prise en charge qui se transforme. Le diabète de type 1 n’est plus seulement vu comme une fatalité clinique à gérer, mais comme une maladie auto-immune évolutive sur laquelle on peut intervenir précocement.
Ce changement implique une autre révolution : le dépistage. Sans identification précoce des sujets à risque, ce type de traitement perd tout son sens. D’où l’appel croissant des sociétés savantes européennes à un dépistage immunologique chez l’enfant par simple prise de sang — une approche encore inimaginable il y a quelques années.
Un enjeu médical… et économique
Le teplizumab s’inscrit aussi dans une stratégie industrielle lourde. Sanofi a racheté la biotech Provention Bio pour près de 3 milliards de dollars afin de sécuriser cette technologie. Un pari assumé : le marché mondial du diabète de type 1 est en pleine mutation et pourrait atteindre plusieurs milliards de dollars dans la prochaine décennie, porté par ces nouvelles approches immunothérapeutiques.
Source: Univadis
