L’alcool : un perturbateur du système immunitaire

La consommation d’alcool affecte profondément le système immunitaire par des mécanismes directs et indirects. Le stress oxydatif qu’elle génère endommage les cellules et déclenche une inflammation chronique contribuant aux lésions tissulaires. L’alcoolisme augmente ainsi la vulnérabilité aux infections, notamment respiratoires, et réduit l’efficacité de certains vaccins comme celui contre le pneumocoque.

Impact sur l’immunité innée et adaptative

L’exposition chronique à l’alcool active de manière excessive les macrophages et neutrophiles, provoquant une inflammation persistante. Cette réaction joue un rôle central dans la maladie alcoolique du foie et contribue aux atteintes neurologiques. L’immunité adaptative est également perturbée : les lymphocytes T et B voient leur nombre diminuer et leur fonctionnement se dégrader, ce qui fragilise l’organisme face aux infections virales comme l’hépatite C, le VIH ou la grippe.

Nouveaux mécanismes identifiés

Les recherches récentes révèlent que l’alcool stimule la production de vésicules extracellulaires transportant des molécules pro-inflammatoires entre les cellules. Ces vésicules contiennent des microARN qui pourraient servir de biomarqueurs pour détecter précocement les atteintes hépatiques liées à l’alcool.

Concernant les maladies auto-immunes, l’effet de l’alcool semble variable selon la dose : une consommation modérée pourrait avoir un effet protecteur, tandis qu’une consommation excessive augmenterait les risques, bien que les mécanismes précis restent à clarifier.

Enfin, évaluer la consommation d’alcool s’avère essentiel chez les patients souffrant d’infections récurrentes ou de pathologies inflammatoires chroniques. Cette démarche permet d’adapter les stratégies préventives et d’informer efficacement les patients sur les risques immunitaires associés à une consommation excessive.

Source: Univadis