Maladie de Crohn : une signature virale sanguine ouvre la voie à un nouveau diagnostic

Une avancée française majeure pourrait transformer le diagnostic de la maladie de Crohn. Des chercheurs ont mis en évidence une signature virale spécifique dans le sang des patients atteints de cette maladie inflammatoire chronique de l’intestin (MICI). Plus performante que l’analyse du virome fécal pour distinguer les patients des sujets sains, cette découverte ouvre des perspectives prometteuses en matière de diagnostic et de suivi de la maladie.

Le virome, un acteur encore méconnu

Si le rôle du microbiote bactérien est largement étudié dans la maladie de Crohn, celui du virome – l’ensemble des virus présents dans l’organisme – reste encore mal compris. Contrairement aux bactéries, les virus peuvent influencer l’immunité de manière plus subtile, en interagissant directement avec les cellules de l’hôte ou en modulant l’équilibre du microbiote.

Jusqu’à présent, la plupart des recherches se concentraient sur le virome intestinal, analysé à partir des selles. Or, cette approche présente des limites, notamment une grande variabilité interindividuelle et une influence marquée de l’alimentation, des traitements et de l’environnement.

Une signature virale détectable dans le sang

Les chercheurs français ont adopté une approche innovante en s’intéressant au virome sanguin. Grâce à des techniques de séquençage de nouvelle génération, ils ont identifié une combinaison spécifique de virus circulants chez les patients atteints de la maladie de Crohn, absente ou très peu présente chez les sujets sains.

Résultat clé :
Cette signature virale sanguine s’avère plus discriminante que le virome fécal, permettant de différencier plus nettement les patients des personnes non atteintes.

Vers un test sanguin pour la maladie de Crohn ?

Cette découverte pourrait avoir des implications cliniques majeures. Aujourd’hui, le diagnostic de la maladie de Crohn repose sur un ensemble d’examens invasifs (endoscopie, biopsies), biologiques et radiologiques. Un test sanguin basé sur une signature virale représenterait une avancée considérable :

  • diagnostic plus précoce,
  • réduction des examens invasifs,
  • meilleur suivi de l’activité de la maladie,
  • aide à la stratification des patients.

À terme, cette signature pourrait également permettre de prédire les rechutes ou d’évaluer la réponse aux traitements, notamment aux biothérapies.

Une piste prometteuse, encore à confirmer

Les auteurs soulignent toutefois que ces résultats doivent être confirmés par des études à plus grande échelle et dans différentes populations. Il reste également à déterminer si cette signature virale est une cause, une conséquence ou un marqueur indirect de l’inflammation chronique observée dans la maladie de Crohn.

Une nouvelle ère pour les MICI ?

Cette étude renforce l’idée que la maladie de Crohn ne se limite pas à une inflammation intestinale, mais s’inscrit dans une perturbation systémique complexe impliquant le microbiote, le virome et le système immunitaire.

Pour les patients comme pour les professionnels de santé, cette avancée nourrit l’espoir de diagnostics plus simples, plus rapides et plus précis, et ouvre la voie à une médecine de plus en plus personnalisée dans les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin.