Manger tard : un risque cardiovasculaire sous-estimé

Et si le problème n’était pas seulement ce que nous mangeons, mais quand nous mangeons ? Une étude américaine relance le débat : éviter tout repas dans les trois heures précédant le coucher améliorerait significativement la santé cardiométabolique — en particulier chez les personnes en surpoids. Un geste simple, mais aux effets mesurables.

Le métabolisme n’aime pas les nuits digestives

Manger tard impose au corps un double fardeau : digérer et gérer la régulation hormonale alors que l’organisme est programmé pour ralentir. Résultat : perturbation de la glycémie, élévation tensionnelle, activation inappropriée du système cardiovasculaire au moment où il devrait entrer en phase de récupération.

Dans l’étude menée par des chercheurs de la Northwestern University Feinberg School of Medicine aux États-Unis et dont les résultats ont été publiés le 12 février 2026 dans la revue scientifique Arteriosclerosis, Thrombosis, and Vascular Biology de l’American Heart Association, les participants en surpoids qui ont cessé de s’alimenter au moins trois heures avant le coucher ont présenté :

  • une amélioration des marqueurs glycémiques,
  • une baisse de la pression artérielle,
  • une normalisation du rythme cardiaque nocturne.

Autrement dit, un meilleur profil cardiométabolique — sans modification majeure du contenu de l’assiette.

Le facteur temps, angle mort de la prévention

Les recommandations nutritionnelles insistent sur la qualité et la quantité des apports. L’horloge biologique, elle, reste souvent reléguée au second plan. Pourtant, les rythmes circadiens influencent directement la sensibilité à l’insuline, la régulation tensionnelle et l’activité du système nerveux autonome.

Manger tard revient à contrecarrer cette synchronisation interne. Chez des sujets déjà vulnérables — surpoids, résistance à l’insuline, préhypertension — l’impact peut devenir significatif.

Une mesure simple, un levier puissant ?

Contrairement aux régimes restrictifs ou aux prescriptions médicamenteuses, avancer l’heure du dernier repas constitue une intervention à faible coût, sans effet secondaire et potentiellement reproductible à grande échelle.

Cela ne remplace évidemment ni l’équilibre alimentaire ni l’activité physique. Mais la chrononutrition pourrait s’imposer comme un pilier complémentaire de la prévention cardiovasculaire.

Dans un contexte d’explosion des troubles métaboliques, la question mérite d’être posée frontalement : faut-il continuer à banaliser les dîners tardifs ?
La science semble désormais répondre par la négative.