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Une nouvelle étape dans la lutte contre la maladie cœliaque

L’Association Marocaine des Intolérants et Allergiques au Gluten (AMIAG) annonce la création de la Fédération Marocaine des Associations de la Maladie Cœliaque (FMAMC), une initiative destinée à structurer la mobilisation nationale autour de cette maladie chronique encore largement méconnue au Maroc.

Cette annonce intervient à l’occasion de la 6e Journée Nationale de la Maladie Cœliaque, organisée le 16 mai 2026 à Casablanca, en partenariat avec le Complexe Administratif et Culturel des Habous, sous le thème : « La maladie cœliaque & la famille ».

L’événement réunira médecins, patients, familles et acteurs associatifs autour de plusieurs conférences scientifiques et d’une table ronde consacrée à la création de la fédération.

Une maladie auto-immune encore sous-diagnostiquée

La maladie cœliaque est une pathologie auto-immune chronique déclenchée par l’ingestion de gluten, une protéine présente notamment dans le blé, l’orge et le seigle. Selon les données relayées par l’AMIAG, près de 2 % de la population marocaine pourrait être concernée.

Lorsqu’elle n’est pas diagnostiquée, cette maladie peut entraîner de nombreuses complications : malnutrition, anémie, troubles de la fertilité, retard de croissance chez l’enfant, atteintes osseuses ou encore augmentation du risque de certains cancers digestifs.

Pourtant, les associations dénoncent une absence de prise en charge structurée au Maroc :

  • diagnostic souvent tardif ;
  • faible sensibilisation des médecins généralistes ;
  • absence de programme national de dépistage ;
  • absence de remboursement des examens et des produits sans gluten.

Selon l’AMIAG, le délai moyen avant diagnostic peut atteindre 6 à 10 ans.

Le coût élevé du régime sans gluten

À ce jour, le seul traitement efficace repose sur un régime strict sans gluten à vie. Mais ce régime représente une charge financière importante pour les familles.

L’association indique que la farine sans gluten peut coûter jusqu’à dix fois plus cher que la farine classique, avec des prix avoisinant 70 dirhams le kilogramme contre environ 7 dirhams pour la farine traditionnelle.

Cette situation augmente fortement le budget alimentaire des patients et de leurs proches.

Une fédération pour porter la voix des patients

Avec la création de la FMAMC, les associations marocaines souhaitent désormais parler d’une seule voix afin d’obtenir :

  • une meilleure reconnaissance de la maladie ;
  • une amélioration de l’accès au diagnostic ;
  • la formation des professionnels de santé ;
  • des aides pour les produits sans gluten ;
  • un renforcement de l’information du grand public.

Les initiateurs du projet estiment que la forte consommation de blé au Maroc rend indispensable une politique de santé publique plus ambitieuse sur cette question.

Un label « sans gluten » déjà opérationnel

Parmi les avancées concrètes annoncées figure également le développement d’un label « sans gluten », porté par l’AMIAG et audité par l’IMANOR.

Plusieurs industriels marocains auraient déjà adopté ce dispositif destiné à améliorer la fiabilité et la sécurité des produits alimentaires destinés aux personnes atteintes de maladie cœliaque.

L’exemple italien comme modèle

L’AMIAG rappelle que certains pays, notamment l’Italie, ont intégré la maladie cœliaque dans leurs politiques publiques de santé :

  • examens remboursés ;
  • produits spécifiques subventionnés ;
  • formation des professionnels ;
  • mobilisation des industriels.

Dans cette dynamique, l’association marocaine a noué un partenariat avec la société italienne spécialisée SuLLeAli Communication Responsable, engagée depuis de nombreuses années dans l’accompagnement d’associations dédiées à la maladie cœliaque.