hygiene intime

Présentation

La Sécheresse vaginale est souvent considérée comme un trouble bénin, mais elle peut être très invalidante et altérer fortement la qualité de vie.

Elle touche environ une femme sur six, avec une fréquence plus élevée après la ménopause (10 à 40% des femmes concernées). Toutefois, elle peut aussi survenir avant la ménopause.


Physiopathologie

Le vagin est normalement humidifié grâce à trois types de sécrétions :

  • Sécrétions cervicales (glandes de l’endocol)
  • Transsudation vaginale (maintien de l’acidité vaginale)
  • Sécrétions des glandes vestibulaires (Bartholin et Skene)

Les œstrogènes jouent un rôle central dans l’équilibre vaginal :

  • Ils stimulent les sécrétions
  • Maintiennent le flux sanguin
  • Favorisent la flore protectrice (lactobacilles de Döderlein)

Après la ménopause

La chute des œstrogènes entraîne :

  • diminution des sécrétions vaginales
  • augmentation du pH vaginal
  • fragilisation de la muqueuse
  • risque accru d’infections

Symptômes

La sécheresse vaginale peut s’accompagner de :

  • démangeaisons (prurit)
  • brûlures vaginales
  • irritation ou sensibilité
  • diminution de la lubrification
  • douleurs pendant les rapports (dyspareunie)
  • sécrétions anormales ou malodorantes
  • saignements vaginaux

Complications possibles

  • infections vaginales récidivantes
  • fissures vulvaires
  • troubles urinaires (dysurie, infections urinaires, incontinence)

Causes

1. Causes hormonales

La cause principale est le déficit en œstrogènes :

  • ménopause
  • post-partum
  • allaitement
  • chimiothérapie

2. Causes non hormonales

Médicaments impliqués :

  • contraceptifs oraux
  • antihistaminiques
  • antidépresseurs tricycliques
  • anticholinergiques
  • antipsychotiques
  • chimiothérapie
  • traitements anti-œstrogènes (tamoxifène, etc.)

Irritants locaux :

  • savons parfumés
  • lingettes et protections hygiéniques parfumées
  • sous-vêtements synthétiques et serrés
  • spermicides
  • douches vaginales

Autres facteurs :

  • stress
  • tabac
  • diminution de l’activité sexuelle
  • infections locales

Traitement

1. Mesures hygiéno-diététiques

  • éviter les produits irritants
  • arrêter le tabac
  • éviter les douches vaginales
  • privilégier des sous-vêtements en coton
  • prolonger les préliminaires pour améliorer la lubrification
  • maintenir une activité sexuelle régulière (effet protecteur)
  • limiter alcool et drogues

2. Traitement hormonal

En cas de déficit en œstrogènes :

  • traitement local (crèmes, ovules, anneaux vaginaux)
  • ou traitement systémique (oral ou transdermique)

Indication systémique surtout si symptômes associés de ménopause (bouffées de chaleur, etc.)


3. Lubrifiants et hydratants vaginaux

Indiqués si hormone contre-indiquée :

  • action rapide mais courte durée
  • parfois application répétée nécessaire
  • préférer les bases hydrosolubles

À éviter : lubrifiants huileux (irritation + incompatibilité avec préservatifs)


Conclusion

La sécheresse vaginale est un trouble fréquent mais sous-estimé. Une prise en charge adaptée permet dans la majorité des cas une amélioration nette des symptômes et de la qualité de vie.

Sources:
Québec Pharmacie vol. 51, no 10, novembre- décembre 2004. Journal of Obstetrics and Gynaecology Canada June 2019Volume 41, Supplement 1, Pages S73–S81.