ESMO 2026 : des avancées majeures contre les cancers du poumon

Capture d’écran 2024-02-25 124209

Le congrès de la Société européenne d’oncologie médicale (ESMO) s’est achevé le 27 octobre à Madrid. Deux essais de phase 3 sur le cancer du poumon y ont retenu l’attention, avec des gains de survie de plusieurs mois. D’autres résultats prometteurs concernent la vessie, la prostate et l’estomac.

Cancer du poumon à petites cellules : un gain de plus de 8 mois

Le cancer du poumon à petites cellules est l’une des formes les plus agressives. Au stade étendu, la survie médiane avec le traitement standard tourne autour de 12 à 13 mois.

L’essai DeLLphi-305, présenté en séance plénière par le Dr Jacob Sands (Dana-Farber, Boston), a inclus 563 patients. Tous avaient répondu ou s’étaient stabilisés après une première ligne associant durvalumab et chimiothérapie. Ils ont reçu en entretien soit le durvalumab seul, soit le durvalumab associé au tarlatamab.

Le tarlatamab est un anticorps bispécifique : il relie les lymphocytes T aux cellules tumorales qui expriment la protéine DLL3, ce qui aide le système immunitaire à les détruire. Avec l’association, la survie médiane atteint 21,1 mois contre 12,7 mois, et le risque de décès baisse de 58 %. À un an, près de 80 % des patients étaient en vie, contre 53 % dans le groupe contrôle.

Le principal effet indésirable est le syndrome de libération de cytokines, une réaction inflammatoire. Il a touché environ la moitié des patients, le plus souvent sous une forme légère à modérée. Les résultats ont été publiés simultanément dans le New England Journal of Medicine.

Mutation KRAS G12C : un nouvel inhibiteur face aux traitements existants

La mutation KRAS G12C est présente dans une partie des cancers du poumon non à petites cellules. Deux médicaments la ciblent déjà : le sotorasib et l’adagrasib.

L’essai Krascendo 1, mené dans 26 pays auprès de 338 patients déjà traités, les a comparés directement au divarasib, une molécule expérimentale développée par Roche. La survie médiane passe à 17,7 mois contre 12 mois, soit un risque de décès réduit de 44 %. Le délai avant progression de la maladie atteint 9,8 mois contre 5,7 mois.

Le taux de réponse est presque doublé : 58 % contre 32 %. Les effets indésirables graves liés au traitement étaient aussi moins fréquents sous divarasib. Les auteurs notent des limites : l’essai était en ouvert, c’est-à-dire que patients et médecins connaissaient le traitement reçu.

Vessie, prostate, estomac : d’autres résultats à suivre

Plusieurs autres essais ont été présentés :

  • Vessie (VOLGA) : chez des patients ne pouvant pas recevoir de cisplatine, l’association durvalumab et enfortumab vedotin autour de la chirurgie porte la survie à deux ans à 78 %, contre 69 %.
  • Prostate (DASL-HiCaP) : l’ajout du darolutamide à la radiothérapie et à l’hormonothérapie réduit de 58 % le risque de propagation ou de décès dans les formes à très haut risque.
  • Estomac (CLARITY-Gastric01) : le sonesitatug vedotin, qui cible la protéine CLDN18.2, allonge la survie médiane à 10,6 mois contre 6,4 mois.

Ce qu’il faut retenir

Ces résultats ne changent pas immédiatement la pratique. Plusieurs reposent sur des analyses intermédiaires, et la plupart des traitements ne sont pas encore autorisés pour ces indications, ni aux États-Unis, ni en Europe, ni au Maroc. Leur arrivée dépendra des décisions des agences du médicament, puis de leur prix et de leur remboursement. Les patients concernés peuvent en parler avec leur oncologue, notamment pour connaître les essais cliniques accessibles.

Sources :