Prix des médicaments au Maroc : une première baisse attendue pour près de 300 références
Une première liste d’environ 300 médicaments vient d’être approuvée. Les réductions annoncées vont de 10 % à 70 %. Cette annonce s’inscrit dans la réforme du système de fixation des prix, entrée en vigueur cet été.
Ce que change le décret 2.25.631
Le décret n° 2.25.631 qui a été publié au Bulletin officiel n° 7532 le 6 août modifie le cadre établi par le décret de 2013. Ses principales mesures :
1- Un nouveau mode de calcul selon le prix du médicament
Pour les médicaments originaux dont le prix fabricant hors taxes dépasse 300 dirhams, le Maroc retient désormais le prix le plus bas relevé dans six pays de référence : Arabie saoudite, Belgique, France, Portugal, Espagne et Turquie. En dessous de ce seuil, c’est la moyenne des prix de ces pays qui sert de référence. Les traitements les plus coûteux sont donc les premiers visés.
2_ Des révisions plus fréquentes
Les prix doivent être réexaminés tous les trois ans au lieu de cinq, et l’ensemble des produits commercialisés doit être réévalué dans un délai de 12 mois. Les nouveaux prix doivent s’appliquer au plus tard 60 jours après la publication de la décision ministérielle.
3- Une marge à l’importation réduite
La marge d’importation passe de 10 % à 2,5 %. Les prix des génériques et des biosimilaires sont par ailleurs liés à ceux des médicaments originaux. Le texte encadre aussi les changements de dosage ou de conditionnement, utilisés jusqu’ici pour obtenir indirectement des hausses de prix.
Pourquoi cette réforme maintenant ?
Les payeurs réclament une baisse rapide depuis longtemps. Le poste médicament absorbe plus de 30 % des dépenses de la CNSS, et de nombreux produits sont vendus au Maroc plus cher que dans les pays de référence. Dans ce contexte de généralisation de l’AMO, la maîtrise de la dépense pharmaceutique devient un enjeu financier autant que d’accès aux soins.
La réforme ne fait pas l’unanimité chez les pharmaciens. Selon l’AFP, elle révèle une division sur la question de savoir si des prix plus bas pourraient menacer l’approvisionnement et la production locale. Les craintes portent sur d’éventuelles ruptures de stock et sur la rentabilité des laboratoires nationaux, ainsi que sur l’impact des baisses sur les marges des officines.
