Prise de tension en pharmacie : la loi Neuder ouvre la voie à une nouvelle mission rémunérée

tension arterielle

Promulguée le 27 juillet, la loi Neuder sur la prévention des maladies cardio-neuro-vasculaires reconnaît officiellement la mesure de la tension artérielle comme une compétence des pharmaciens. Une nouvelle mission en officine dont les modalités et la rémunération doivent encore être précisées. La FSPF défend un tarif de 15 euros par acte.

La mesure de la tension artérielle est depuis longtemps pratiquée dans de nombreuses pharmacies, souvent gratuitement à la demande des patients. La loi dite Neuder sur la prévention des maladies cardio-neuro-vasculaires, promulguée le 27 juillet, lui donne désormais un cadre légal.

Le texte reconnaît ainsi aux pharmaciens, mais également aux infirmiers et aux masseurs-kinésithérapeutes, la compétence pour réaliser une mesure de la tension artérielle.

Pour les officines, cette évolution devrait permettre de transformer une pratique déjà largement répandue en une véritable mission de santé publique rémunérée.

« C’est une mission utile qui devrait rencontrer un vrai succès auprès de nos confrères », estime Fabrice Camaioni, vice-président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF).

Si la compétence est désormais inscrite dans la loi, les conditions précises de sa mise en œuvre restent à définir.

Des textes d’application doivent notamment préciser les modalités pratiques de cette prise en charge en officine ainsi que les conditions de sa rémunération.

Pour Fabrice Camaioni, la question devra être abordée dans le cadre des prochaines négociations conventionnelles.

« Nous aurons l’occasion de négocier un tarif convenable pour cette future mission dans le cadre de l’avenant 3 à la convention nationale pharmaceutique », explique le syndicaliste.

L’enjeu est donc désormais de déterminer comment la prise de tension sera réalisée et facturée en pharmacie, mais aussi quel niveau de rémunération pourra être accordé aux pharmaciens.

La FSPF estime qu’un tarif de 15 euros pour un acte de prise de tension artérielle constituerait une rémunération cohérente.

Le syndicat s’appuie notamment sur les tarifs prévus pour certaines nouvelles missions confiées aux pharmaciens.

« Ce même tarif sera pratiqué pour la prescription et la vaccination en officine à partir de janvier 2027 », rappelle Fabrice Camaioni.

Il évoque également l’expérimentation Osys, dans laquelle la rémunération de l’acte était initialement fixée à 15 euros avant d’être ramenée à 12,50 euros.

Pour la FSPF, le montant de 15 euros constitue donc un niveau de rémunération pertinent pour cette nouvelle mission.

Du côté de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO), la réflexion se poursuit.

Le syndicat travaille actuellement sur le sujet dans le cadre du groupe de travail consacré aux négociations conventionnelles.

« Nous n’avons pas encore décidé d’un tarif à proposer », indique son président, Pierre-Olivier Variot.

L’USPO devrait préciser sa position à l’issue de son conseil d’administration prévu fin septembre.

La reconnaissance légale de la prise de tension en pharmacie s’inscrit dans le développement des missions de prévention confiées aux officines.

Avec leur accessibilité et leur proximité avec les patients, les pharmacies peuvent jouer un rôle important dans le dépistage et le suivi des facteurs de risque cardiovasculaire, notamment de l’hypertension artérielle.

Reste désormais à connaître les modalités pratiques de cette nouvelle mission et surtout le montant de la rémunération qui sera finalement retenu dans le cadre des négociations conventionnelles.