Goutte en rémission : l’arrêt du traitement augmente le risque de rechute
maladie de la goutte
LONDRES — Chez les personnes atteintes de goutte en rémission, poursuivre un traitement hypouricémiant (ULT) selon la stratégie « treat-to-target » (T2T) semble plus efficace que tenter son arrêt. C’est la conclusion principale de l’essai GO TEST Finale, présenté lors du congrès annuel 2026 de l’Alliance européenne des associations de rhumatologie (EULAR).
Une rémission plus durable avec le maintien du traitement
Dans cette étude, 79 % des participants ayant poursuivi leur traitement ULT T2T étaient toujours en rémission au cours des six derniers mois d’un suivi de deux ans, contre 63 % de ceux ayant tenté un arrêt progressif du traitement. Cette différence de 16 % était statistiquement significative (p = 0,0015).
Résultat principal
79 % vs 63 %
Patients toujours en rémission à deux ans : maintien du traitement ULT T2T contre tentative d’arrêt.
Les patients ayant continué leur traitement ont également présenté :
99 % sans crise
Entre 18 et 24 mois, contre 89 % dans le groupe arrêt.
86 % avec douleur faible
Score de douleur < 2/10, contre 77 % après arrêt du traitement.
Moins d’anti-inflammatoires
18 % contre 36 % dans le groupe arrêt.
Une stratégie recommandée à long terme
Les résultats soutiennent les recommandations européennes et américaines qui préconisent de poursuivre le traitement hypouricémiant à vie, même lorsque la goutte est en rémission.
« Un suivi prolongé jusqu’à 5 ans est actuellement en cours, ce qui nous en apprendra davantage sur les résultats à long terme », a indiqué Iris Rose Peeters (Sint Maartenskliniek, Pays-Bas).
Des analyses complémentaires, notamment sur le rapport coût-efficacité et la possibilité d’une personnalisation des stratégies thérapeutiques, sont également en cours.
Comment l’étude a été menée
309 adultes inclus
Patients atteints de goutte, en rémission depuis au moins un an.
Rémission définie strictement
Absence de poussées et de tophi, uricémie ≤ 6 mg/dl, faible douleur et faible activité de la maladie.
Deux stratégies comparées
Poursuite du traitement pour maintenir l’uricémie cible ou arrêt progressif avec reprise en cas de rechute.
La majorité des participants étaient des hommes (94 %), avec un âge médian d’environ 68 ans. L’allopurinol était le traitement le plus utilisé (90 % des patients).
Autres résultats importants
- 75 % des patients du groupe poursuite n’ont présenté aucune crise de goutte pendant les deux ans de suivi, contre 59 % dans le groupe arrêt.
- Seuls 1,3 % des patients du groupe poursuite ont interrompu leur traitement, alors que 23 % des patients du groupe arrêt ont finalement dû le reprendre.
- La reprise du traitement est survenue après un délai médian d’environ 13 mois (392 jours).
- Le nombre d’événements cardiovasculaires était similaire entre les deux groupes.
- Le déclin de la fonction rénale sur 24 mois était significativement plus faible chez les patients ayant poursuivi leur traitement ULT.
Vers une médecine plus personnalisée ?
Les chercheurs reconnaissent que certains patients ayant arrêté le traitement sont restés sans poussée pendant toute la durée de l’étude. Des analyses en cours cherchent à identifier les caractéristiques de ce sous-groupe et à déterminer si la durée préalable du traitement pourrait influencer le risque de rechute.
Pour l’instant, les données disponibles plaident clairement en faveur du maintien du traitement hypouricémiant chez les patients en rémission.
