Obésité : l’ANSM sanctionne Novo Nordisk et Eli Lilly pour publicité déguisée

Sanctions ANSM contre Novo Nordisk et Eli Lilly pour publicité déguisée

L’ANSM renforce le contrôle des communications autour des médicaments contre l’obésité.

Introduction

L’ANSM a infligé de lourdes sanctions aux laboratoires Novo Nordisk et Eli Lilly pour des campagnes de communication jugées assimilables à une publicité déguisée en faveur de médicaments contre l’obésité.

Cette décision intervient dans un contexte de forte croissance des traitements de l’obésité, notamment les agonistes du GLP-1, et de vigilance accrue des autorités sanitaires face aux risques de promotion indirecte auprès du grand public.


Des sanctions financières importantes

L’autorité sanitaire française a prononcé des amendes de :

  • 1,8 million d’euros pour Novo Nordisk
  • 108 000 euros pour Eli Lilly

Ces sanctions concernent plusieurs campagnes de communication liées aux traitements anti-obésité, notamment ceux appartenant à la classe des agonistes du GLP-1, comme :

  • Wegovy
  • Mounjaro
  • Saxenda

Selon l’ANSM, ces campagnes auraient dépassé le cadre de l’information scientifique autorisée pour s’apparenter à une promotion indirecte de médicaments soumis à prescription obligatoire.


Une communication jugée orientée vers la promotion

L’ANSM estime que certaines campagnes diffusées en 2025 dans les transports publics, la presse et sur les réseaux sociaux présentaient une vision trop favorable des traitements médicamenteux de l’obésité.

Parmi elles, la campagne d’Eli Lilly intitulée « L’obésité, c’est un truc de malades » visait officiellement à sensibiliser aux risques de détournement des agonistes du GLP-1.

Cependant, l’agence considère que le message pouvait laisser croire que les traitements médicamenteux constituaient la solution principale face à l’obésité, sans rappeler suffisamment les alternatives thérapeutiques.


Des campagnes très visibles dans l’espace public

Novo Nordisk est également concerné par plusieurs campagnes largement diffusées :

  • messages dans les transports publics
  • campagnes digitales sur internet
  • contenus ciblant certaines populations, notamment les femmes ménopausées

L’ANSM estime que ces communications pouvaient induire une perception élargie des indications thérapeutiques, laissant penser que ces médicaments sont adaptés à toute personne en situation de surpoids.


Le rappel des règles : les traitements anti-obésité ne sont pas de première intention

L’agence rappelle que les agonistes du GLP-1 ne constituent pas un traitement de première intention de l’obésité.

Leur utilisation doit être strictement encadrée et réservée aux patients présentant :

  • une obésité avérée
  • ou des complications métaboliques associées

Les recommandations internationales privilégient d’abord une approche globale incluant :

  • alimentation équilibrée
  • activité physique régulière
  • accompagnement psychologique
  • suivi médical structuré

Les médicaments comme le sémaglutide ou la tirzépatide sont prescrits uniquement après évaluation médicale.


Le site « Audeladupoids.fr » également ciblé

L’ANSM a également examiné le site Audeladupoids.fr, associé à Novo Nordisk.

Après un calcul de l’indice de masse corporelle (IMC), les utilisateurs étaient invités à consulter un professionnel de santé via un message incitatif.

Selon l’agence, cette démarche pouvait constituer une incitation indirecte à envisager un traitement médicamenteux, notamment via des parcours de prise en charge orientés.


Une réglementation stricte sur la publicité des médicaments

En France, la publicité pour les médicaments soumis à prescription est strictement interdite auprès du grand public.

L’ANSM rappelle que toute communication doit :

  • respecter un objectif strictement informatif
  • éviter toute incitation à l’automédication
  • ne pas présenter un médicament comme solution dominante

Ces règles visent à protéger les patients et à garantir une information médicale équilibrée.


Une surveillance renforcée des traitements de l’obésité

Depuis l’essor mondial des agonistes du GLP-1, les autorités sanitaires européennes et internationales renforcent leur vigilance.

La forte médiatisation de ces traitements a entraîné :

  • une augmentation de la demande
  • des usages parfois non conformes aux indications médicales
  • des détournements à visée esthétique

Les agences de santé rappellent que ces médicaments doivent être utilisés uniquement sous surveillance médicale stricte en raison de leurs effets indésirables potentiels.


Conclusion

Cette décision de l’ANSM marque un durcissement de la régulation des communications pharmaceutiques autour de l’obésité.

Elle souligne la volonté des autorités de mieux encadrer la frontière entre information médicale et promotion commerciale, dans un contexte où les traitements anti-obésité connaissent une forte expansion mondiale.

Sources et références scientifiques