5G et cancer : existe-t-il un risque réel pour la santé ?
5G et cancer
Alors que les technologies sans fil occupent une place croissante dans notre quotidien, les interrogations sur les effets des ondes électromagnétiques sur la santé persistent. Avec le déploiement de la 5G et l’augmentation des usages numériques mobiles, certains craignent une hausse du risque de cancer. Les dernières évaluations scientifiques apportent toutefois des éléments rassurants.
Pourquoi les ondes électromagnétiques suscitent-elles des inquiétudes ?
Les préoccupations concernant les radiofréquences remontent notamment à 2011, lorsque le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) les a classées comme « cancérogènes possibles pour l’homme ». Cette classification reposait sur des preuves limitées suggérant un lien potentiel entre une utilisation très intensive du téléphone portable et certains types de tumeurs cérébrales.
Contrairement aux rayonnements ionisants comme les rayons X, les ondes utilisées par les réseaux mobiles, y compris la 5G, ne disposent pas de l’énergie nécessaire pour altérer directement l’ADN. Leur principal effet biologique connu est un réchauffement des tissus lors d’expositions très élevées. Dans les conditions normales d’utilisation, cet effet thermique demeure faible.
L’Anses ne confirme aucun lien entre ondes et cancer
Dans un avis actualisé publié en octobre 2025, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) estime que les connaissances scientifiques actuelles ne permettent pas d’établir de relation de causalité entre l’exposition aux radiofréquences et la survenue de cancers aux niveaux habituellement observés dans la population.
Cette conclusion s’appuie sur l’analyse de l’ensemble des études publiées depuis 2011, notamment deux vastes travaux épidémiologiques internationaux.
L’étude COSMOS : plus de 300 000 participants suivis
L’étude COSMOS, lancée en 2007 dans plusieurs pays européens, suit aujourd’hui près de 310 000 volontaires afin d’évaluer les effets à long terme de l’utilisation des téléphones mobiles sur la santé.
À ce jour, les chercheurs n’ont observé aucune augmentation du risque de tumeurs cérébrales liée à l’usage du téléphone portable, y compris chez les participants les plus exposés.
L’étude MOBI-Kids chez les jeunes
L’étude internationale MOBI-Kids a porté sur des enfants, adolescents et jeunes adultes âgés de 10 à 24 ans dans 14 pays, dont la France. Les résultats n’ont mis en évidence aucune association entre l’utilisation du téléphone portable et le développement de tumeurs cérébrales, qu’elles soient bénignes ou malignes.
Une vigilance maintenue face à l’évolution des usages
Malgré ces résultats rassurants, l’Anses souligne que les habitudes numériques évoluent rapidement. Le streaming vidéo, les réseaux sociaux et les usages mobiles intensifs peuvent modifier les niveaux d’exposition aux radiofréquences selon les situations.
L’agence recommande donc de conserver un usage raisonné des technologies sans fil, particulièrement chez les enfants. Parmi les conseils préconisés :
- limiter le temps d’utilisation du téléphone portable ;
- éviter les appels lorsque le signal réseau est faible ;
- privilégier le Wi-Fi aux réseaux mobiles à l’intérieur des bâtiments ;
- utiliser un kit mains libres ou le haut-parleur afin d’éloigner le téléphone du corps.
Ces recommandations s’inscrivent dans une démarche de précaution et rejoignent plus largement les conseils visant à limiter les effets potentiellement négatifs d’une surexposition aux écrans.
