Cancer du pancréas : un nouveau médicament double l’espérance de vie des patients
Longtemps considéré comme l’un des cancers les plus redoutables, le cancer du pancréas pourrait enfin bénéficier d’une avancée thérapeutique majeure. Un nouveau médicament, le daraxonrasib, suscite un réel espoir en doublant la survie des patients atteints de formes métastatiques.
Une maladie encore très difficile à traiter
Malgré les progrès importants réalisés en oncologie ces dernières années, notamment grâce à l’immunothérapie, le cancer du pancréas reste particulièrement agressif. Son pronostic demeure sombre, avec un taux de survie à cinq ans inférieur à 10 %.
Cette situation s’explique en grande partie par un diagnostic tardif : dans plus de 80 % des cas, la maladie est détectée à un stade avancé, souvent en l’absence de symptômes précoces. En France, ce cancer est responsable de plus de 13 000 décès chaque année, et son incidence continue d’augmenter.
Daraxonrasib : une nouvelle stratégie ciblée
Développé par la société américaine Revolution Medicines, le daraxonrasib agit en bloquant les protéines RAS, impliquées dans la croissance tumorale.
Ces protéines jouent un rôle clé dans de nombreux cancers : elles sont altérées dans environ 25 % des tumeurs solides et dans près de 90 % des cancers du pancréas. En empêchant leur activation, ce traitement cible directement l’un des moteurs biologiques de la maladie.
Des résultats cliniques impressionnants
Les données issues d’un essai de phase 3, bientôt présentées lors du congrès ASCO, montrent des résultats particulièrement encourageants.
L’étude a inclus 460 patients atteints de cancer du pancréas métastatique déjà traités par chimiothérapie. Résultat : la survie globale médiane a été doublée, passant de 6,7 mois avec un traitement standard à 13,2 mois avec le daraxonrasib.
Pour le Pr Brian M. Wolpin, ces résultats représentent « une avancée significative » dans une pathologie où les options restent limitées. Même constat du côté de Mark Goldsmith, qui évoque un potentiel « transformateur » pour la prise en charge de la maladie.
Une bonne tolérance observée
Autre point rassurant : le profil de tolérance du traitement. Selon les données disponibles, les effets secondaires restent globalement modérés, avec principalement des réactions cutanées sans toxicité sévère.
Une partie de l’essai a été menée en France, notamment à l’hôpital Hôpital Paul-Brousse, où environ 60 patients ont été suivis. Le Pr Pascal Hammel souligne des résultats « jamais observés auparavant » dans cette indication.
Vers une mise à disposition progressive
Le laboratoire a déjà entamé les démarches auprès de la Food and Drug Administration pour obtenir une autorisation de mise sur le marché aux États-Unis.
Selon le Pr Jean-Yves Blay, il faudra encore patienter plusieurs mois avant une éventuelle disponibilité outre-Atlantique, et probablement un à deux ans avant une arrivée en Europe.
