Finastéride 1 mg : une nouvelle exigence pour sécuriser la prescription en France
Depuis le 16 avril, les conditions de délivrance du finastéride 1 mg ont évolué. Désormais, toute initiation de traitement nécessite la présentation d’une attestation annuelle d’information partagée, signée conjointement par le médecin et le patient, en plus de l’ordonnance. Cette décision émane de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), dans un objectif clair : renforcer la sécurité des patients.
Le finastéride 1 mg est prescrit chez l’homme, généralement entre 18 et 41 ans, pour ralentir certaines formes précoces d’alopécie androgénétique. Son action permet de freiner l’évolution de la chute de cheveux, sans pour autant constituer une solution définitive.
Cette mesure intervient dans un contexte de vigilance accrue. Une réévaluation menée en 2025 par l’Agence européenne des médicaments a confirmé que le finastéride oral peut être associé à des effets indésirables importants. Parmi eux : des troubles psychiatriques, incluant dépression et idées suicidaires, mais aussi des troubles sexuels tels que baisse de la libido, troubles de l’érection ou de l’éjaculation.
Fait notable, certains de ces effets pourraient persister même après l’arrêt du traitement, ce qui justifie une information claire et approfondie en amont.
Avec ce nouveau dispositif, l’ANSM remplace le document d’information mis en place en 2019 par une attestation officielle. Celle-ci vise à garantir que le patient a bien été informé des risques et qu’un échange réel a eu lieu avec le prescripteur.
Concrètement, cette attestation devra être présentée au pharmacien lors de la délivrance du médicament pour toute première prescription. Elle reste valable un an et devra être renouvelée chaque année.
Pour les patients déjà sous traitement, une période transitoire est prévue : l’attestation deviendra obligatoire à partir du 16 juin 2026 lors des renouvellements.
Ce document atteste que plusieurs éléments essentiels ont été discutés :
- les risques de troubles psychiatriques (dépression, idées suicidaires) ;
- les effets sur la fonction sexuelle ;
- la possibilité de persistance des effets indésirables après l’arrêt ;
- les conduites à tenir en cas de symptômes (arrêt du traitement et consultation rapide) ;
- la nécessité de prendre le temps de réfléchir avant de débuter le traitement ;
- l’importance d’un suivi médical régulier.
Le médecin doit remettre une copie au patient et conserver une trace dans le dossier médical, voire dans le dossier médical partagé.
Cette nouvelle obligation ne vient pas seule. Elle complète d’autres mesures déjà en place, comme la présence d’une carte patient dans les boîtes, un message d’alerte visible sur le conditionnement, ainsi qu’un QR code permettant d’accéder à des informations complémentaires.
À travers cet encadrement renforcé, les autorités sanitaires cherchent à concilier l’efficacité du traitement avec une meilleure maîtrise de ses risques, en plaçant l’information et le consentement du patient au cœur de la prise en charge.

