Cancer du sein : les traitements anti-obésité à base de GLP-1 pourraient améliorer le pronostic

semaglutide

Les médicaments de la famille des analogues du GLP-1, déjà largement utilisés contre le diabète de type 2 et l’obésité, pourraient aussi jouer un rôle inattendu dans la lutte contre le cancer du sein. Une vaste étude américaine suggère une diminution importante du risque de décès et de récidive chez certaines patientes traitées par ces molécules.

Le cancer du sein reste aujourd’hui le cancer le plus fréquent chez la femme. Malgré les progrès thérapeutiques, certains facteurs comme l’obésité et le diabète de type 2 continuent d’aggraver le pronostic. Ces troubles métaboliques favorisent notamment l’inflammation chronique, la résistance à l’insuline et un environnement biologique propice au développement tumoral.

Depuis plusieurs années, les analogues du GLP-1 — comme le sémaglutide, le liraglutide ou encore le tirzépatide — se sont imposés dans le traitement du diabète et de l’excès de poids. Mais au-delà de leurs effets métaboliques, des travaux expérimentaux avaient déjà laissé entrevoir une possible action anticancéreuse.

Plus de 840 000 dossiers analysés

Pour mieux comprendre leur impact potentiel dans le cancer du sein, des chercheurs ont analysé les données médicales de plus de 840 000 femmes atteintes d’un cancer du sein localisé ou localement avancé entre 2006 et 2023.

Les patientes ont été réparties en plusieurs groupes selon leur profil métabolique et leur traitement :

  • des femmes obèses traitées par analogue du GLP-1 comparées à des patientes obèses sans ce traitement ;
  • des patientes diabétiques sous GLP-1 comparées à des femmes traitées par insuline ou metformine ;
  • et enfin des patientes sous GLP-1 comparées à d’autres traitées par inhibiteurs du SGLT2.

Les chercheurs ont ensuite évalué la mortalité globale ainsi que le risque de récidive sur une période de dix ans.

Une baisse marquée de la mortalité et des récidives

Les résultats apparaissent particulièrement encourageants chez les patientes obèses. Les femmes traitées par analogue du GLP-1 présentaient une survie nettement meilleure et un risque de récidive plus faible que celles ne recevant pas ce type de traitement.

À dix ans, la survie atteignait environ 96 % chez les patientes sous GLP-1, contre moins de 89 % dans le groupe témoin.

Chez les femmes diabétiques, les bénéfices semblaient encore plus marqués lorsqu’on comparait les analogues du GLP-1 aux traitements classiques comme l’insuline ou la metformine.

En revanche, la différence devenait beaucoup moins nette face aux inhibiteurs du SGLT2, une autre famille de médicaments connue pour ses effets cardiométaboliques favorables. Les chercheurs estiment que ces deux classes thérapeutiques pourraient partager certains mécanismes protecteurs.

Des mécanismes encore mal compris

Les auteurs avancent plusieurs hypothèses pour expliquer ces résultats. La perte de poids, l’amélioration du contrôle glycémique et la réduction de l’inflammation pourraient indirectement limiter la progression tumorale.

Mais certains travaux suggèrent aussi des effets plus directs sur les cellules cancéreuses elles-mêmes, notamment via des mécanismes impliquant le métabolisme énergétique et certaines voies immunitaires.

Des résultats prometteurs, mais à confirmer

Malgré l’ampleur de cette étude, les chercheurs appellent à la prudence. Il s’agit d’une étude rétrospective, ce qui signifie qu’elle ne permet pas d’établir un lien de cause à effet formel.

Des essais cliniques randomisés seront nécessaires pour confirmer si les analogues du GLP-1 peuvent réellement améliorer le pronostic du cancer du sein.

Ces données ouvrent néanmoins des perspectives importantes pour les patientes présentant des comorbidités métaboliques, chez lesquelles le risque de récidive et de complications reste plus élevé.