BPCO : un nouvel anticorps réduit de près d’un tiers les exacerbations dans deux essais de phase III
Un anticorps monoclonal ciblant l’interleukine-33 pourrait ouvrir une nouvelle voie thérapeutique dans la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). Dans deux essais de phase III, le tozorakimab a réduit d’environ 30 % les exacerbations modérées à sévères chez des patients restant symptomatiques malgré leur traitement inhalé.
Les résultats complets des études OBERON et TITANIA, présentés au congrès 2026 de l’European Respiratory Society (ERS) et publiés simultanément dans le New England Journal of Medicine, apportent de nouveaux arguments en faveur du ciblage de l’interleukine-33 (IL-33) dans la BPCO.
Les deux essais de phase III, randomisés, en double aveugle et contrôlés contre placebo, ont évalué le tozorakimab à la dose de 300 mg toutes les quatre semaines, en complément du traitement inhalé habituel.
Au total, 2 306 patients atteints de BPCO symptomatique ont été inclus. Ils avaient présenté au cours des 12 mois précédant leur inclusion au moins deux exacerbations modérées ou une exacerbation sévère. Les participants comprenaient des fumeurs actuels et d’anciens fumeurs et présentaient différents niveaux d’éosinophiles sanguins et de sévérité de l’obstruction bronchique.
Chez les anciens fumeurs, qui constituaient la population principale des essais, le taux annuel d’exacerbations modérées à sévères a diminué de :
- 29 % dans OBERON ;
- 34 % dans TITANIA.
Dans l’ensemble de la population, incluant les fumeurs actuels et anciens fumeurs, la réduction atteignait respectivement 30 % et 29 %.
Ces résultats correspondent à des rapports de risque de 0,70 dans OBERON et 0,71 dans TITANIA dans la population globale.
L’un des résultats les plus intéressants concerne les éosinophiles sanguins.
Le bénéfice du tozorakimab a été observé dans les différents sous-groupes prédéfinis, y compris chez les patients présentant un faible taux d’éosinophiles.
Dans l’analyse groupée des deux essais, la réduction des exacerbations modérées à sévères atteignait :
- 23 % chez les patients ayant moins de 150 éosinophiles/µL ;
- 34 % chez ceux ayant au moins 150 éosinophiles/µL ;
- 43 % chez ceux ayant au moins 300 éosinophiles/µL.
Ce point est particulièrement important car certains traitements biologiques utilisés dans les maladies respiratoires ciblent des profils inflammatoires bien définis. Le tozorakimab pourrait donc présenter une activité plus large, au moins dans cette population étudiée.
Le tozorakimab est un anticorps monoclonal dirigé contre l’IL-33, une cytokine impliquée dans la cascade inflammatoire des voies respiratoires.
Son mécanisme présente toutefois une particularité : il inhibe la signalisation des formes réduite et oxydée de l’IL-33.
L’objectif est double : réduire l’inflammation bronchique et agir sur le cercle vicieux impliquant le dysfonctionnement épithélial et l’accumulation de mucus.
Cette action sur le mucus constitue un autre résultat intéressant des études.
Une analyse intégrée d’OBERON et TITANIA présentée à l’ERS a en effet montré une réduction du score de bouchons muqueux chez les patients traités par tozorakimab. Les bouchons muqueux sont associés à des formes plus sévères de BPCO et à de moins bons résultats cliniques.
Le profil de sécurité du tozorakimab s’est révélé globalement comparable à celui du placebo.
Selon les données rapportées par AstraZeneca, la principale réaction indésirable attribuée au traitement était une réaction au site d’injection.
Ces résultats devront néanmoins être confirmés avec un recul plus important et dans les différentes populations susceptibles de recevoir le traitement en pratique courante.
Les résultats d’OBERON et TITANIA sont particulièrement remarquables parce qu’ils constituent, selon les données présentées, la première démonstration d’une efficacité significative d’un biologique ciblant l’IL-33 sur les exacerbations de BPCO dans une population aussi large, incluant différents taux d’éosinophiles et différents niveaux de sévérité.
Le développement clinique du tozorakimab ne se limite d’ailleurs pas à la BPCO. Le médicament est également étudié dans l’asthme sévère et dans les infections virales sévères des voies respiratoires inférieures.
Le tozorakimab n’est pas encore autorisé pour le traitement de la BPCO.
Aux États-Unis, la demande d’autorisation pour le tozorakimab 300 mg administré toutes les quatre semaines a été acceptée en Priority Review par la FDA. Une décision est attendue au cours du premier trimestre 2027.
Le médicament fait également l’objet d’évaluations réglementaires sur d’autres marchés, notamment dans l’Union européenne et en Chine.
