Santé : le ministre Younes Bjijou ouvre le dialogue social, le statut des personnels des GST en ligne de mire
Moins d’un mois après sa nomination, le nouveau ministre de la Santé et de la Protection sociale convoque les syndicats du secteur les 13 et 14 novembre. Au menu : la valorisation des ressources humaines et l’avenir des personnels transférés vers les Groupements sanitaires territoriaux, un dossier devenu sensible depuis la présentation du projet de loi de finances 2027.
Une première rencontre attendue
Le Pr Younes Bjijou a adressé le 30 octobre des invitations officielles aux organisations syndicales les plus représentatives du secteur de la santé. Chaque syndicat sera reçu séparément, les 13 et 14 novembre. C’est la première initiative de ce type depuis l’arrivée du ministre au sein du nouveau gouvernement dirigé par Fatima Zahra Mansouri.
Gynécologue-obstétricien de formation, professeur d’anatomie à la Faculté de médecine et de pharmacie de Rabat, le ministre a notamment dirigé, en tant que directeur délégué, la Fondation Mohammed VI des sciences et de la santé. Son profil hospitalo-universitaire est scruté par des soignants qui attendent des signaux rapides après plusieurs années de tensions sociales.
Les GST, cœur des inquiétudes
Les Groupements sanitaires territoriaux (GST) sont des établissements publics régionaux créés par la réforme du système de santé. Ils regroupent, dans chaque région, les hôpitaux, les CHU et les centres de santé, et doivent à terme gérer eux-mêmes leurs budgets et leurs personnels. Plusieurs GST sont déjà entrés en fonction ces derniers mois.
C’est précisément ce transfert qui crispe. En effet, les postes budgétaires prévus pour les GST ne figurent pas dans la liste des postes de la fonction publique du PLF 2027. Une partie des agents y voit une menace pour la stabilité de leur emploi et pour leurs droits acquis. Les syndicats demandent donc une clarification de la situation administrative et juridique des personnels affectés aux GST, ainsi que des garanties sur la carrière et la répartition des responsabilités.
Le sujet était déjà au centre de la troisième conférence des GST et des agences de santé, présidée par le ministre. Ce dernier y a insisté sur le rôle des ressources humaines dans le fonctionnement des nouvelles structures et sur une planification plus serrée des chantiers hospitaliers.
Des revendications anciennes toujours en suspens
L’ordre du jour officiel porte sur la valorisation des ressources humaines, l’amélioration des conditions de travail, la formation continue et de nouveaux critères de reconnaissance des compétences médicales, infirmières et administratives.
Les syndicats arriveront toutefois avec leurs propres dossiers. Abdellah Mirouch, secrétaire national du Syndicat indépendant des infirmiers et techniciens de santé, a indiqué à Hespress que son organisation présentera l’ensemble de ses revendications, statutaires, matérielles et liées à la formation. Il rappelle que certains engagements de l’accord signé en juillet sous l’ancien ministère n’ont pas encore été tenus. Le conseil national de ce syndicat doit se réunir le 7 novembre à Casablanca pour arrêter ses demandes.
