PLF 2027 : la santé obtient 45,4 milliards de dirhams, mais le vrai test sera sur le terrain

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Présenté le 23 octobre au Parlement, le projet de loi de finances 2027 porte le budget du secteur de la santé à 45,4 milliards de dirhams, soit environ 3 milliards de plus qu’en 2026. Recrutements, hôpitaux universitaires et remise à niveau des centres de soins de proximité : tour d’horizon des annonces et des questions qu’elles soulèvent.

Une enveloppe en hausse d’environ 7 %

Le ministre de l’Économie et des Finances, Fouzi Lekjaa, a déposé le projet de loi de finances (PLF) 2027 devant les parlementaires le vendredi 23 octobre. Pour la santé, le texte prévoit une dotation de 45,4 milliards de dirhams (MMDH), contre 42,4 MMDH dans la loi de finances 2026. La progression avoisine donc 3 MMDH, soit près de 7 %.

Cette hausse est plus modeste que celle de l’an dernier, quand le budget avait bondi d’environ 30 %. Elle prolonge néanmoins une trajectoire ascendante engagée avec le chantier de généralisation de la protection sociale. Le projet doit encore être examiné et voté par les deux chambres avant d’entrer en vigueur au 1er janvier.

8 000 postes et un réseau hospitalier étendu

Le volet ressources humaines reste central. Le PLF prévoit 8 000 postes budgétaires pour le secteur, destinés aux établissements existants comme aux nouvelles structures. Le déficit en médecins, infirmiers et techniciens de santé, particulièrement marqué dans les zones rurales et enclavées, demeure l’un des principaux freins à l’accès aux soins.

Côté infrastructures, le gouvernement annonce la mise à niveau d’environ 1 600 établissements de soins de santé primaires — les centres de santé de proximité, premier point de contact des patients — ainsi que la réhabilitation de 90 hôpitaux. Les projets de centres hospitaliers universitaires (CHU) de Béni Mellal, Guelmim et Errachidia se poursuivent, avec l’ambition affichée de doter chaque région d’au moins un CHU.

Le texte accompagne aussi la généralisation progressive des groupements sanitaires territoriaux (GST). Ces nouvelles entités régionales regroupent hôpitaux et centres de santé d’un même territoire sous une gouvernance commune, afin de mieux organiser le parcours du patient, du médecin de proximité jusqu’à l’hôpital de référence. La transformation numérique du système de santé figure également parmi les priorités.

Ce que cela change pour les patients

À court terme, rien ne change pour les assurés : il s’agit d’un projet de budget, dont l’impact dépendra de la vitesse d’exécution des chantiers et des recrutements. Pour les professionnels de santé, les débats parlementaires des prochaines semaines diront comment ces moyens seront répartis. Pour le grand public, l’indicateur le plus concret restera l’ouverture effective des structures annoncées et la présence de soignants pour les faire fonctionner.